Pour nos deuxièmes vacances, nous nous sommes rendus dans l'Hérault, ce beau département qui marie mer et montagne, chaleur et fraîcheur.

Samedi 28 juin, 8h00. On roule vers le sud. Vers midi, arrêt pique nique à Lodève, après avoir fait quelques courses au marché de cette ville. On déjeune sur un banc du jardin public.
Quelques kilomètres plus loin, nous voilà sous la chaleur, au bord du lac du Salagou.
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Petite baignade et nous prenons possession de notre chambre d'hôte, située dans la garrigue, à quelques kilomètres du village de Salasc. La baraque est sommaire. Mais les chambres sont tout de même agréables. A un détail près: la chaleur. Notre chambre est en effet exposée toute l'après-midi au soleil et ne possède pas de volets. Juste un rideau. Je sentais bien que ça allait être l'enfer pour moi.
Il a fallu passer les nuits avec porte et fenêtres grandes ouvertes pour parvenir à dormir quelques heures.
Le matin, dès le lever du jour (et même un peu avant), il n'y avait qu'un seul hurluberlu qui se baladait avec son appareil photo dans la garrigue qui touchait presque la fenêtre de notre chambre.
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Je ne regrette pas: le lever du soleil au-dessus de la montagne, la vallée du Salagou qui s'éclaire peu à peu, dévoilant au fil des minutes des détails nouveaux, est un spectacle merveilleux.
A cette heure, on sent déjà que la journée va être torride. Mais là, seul dans la colline, avec le thym écrasé sous mes pas qui embaume...c'est encore le paradis.

Le chien profitait de cet instant pour prendre l'air. La pauvre bête restera ensuite toute la journée dans la maison, couchée sur le carreau afin d'y trouver un peu de fraîcheur.
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Babeth, elle, était encore au lit.
Il faut se lever car la journée du dimanche 29 promettait d'être longue: j'avais prévu une longue balade dans un des plus beaux coins de France (du moins à ma connaissance): le Parc du Haut Languedoc. Je misais sur l'altitude pour ne pas trop soufrir de la chaleur.
En voiture pour Lamalou les Bains. Quelques provisions achetées pour la journée et on monte dans les hameaux qui semblent perdus au bout du monde.

Je me souvenais toujours d'une belle vasque fraîche cachée dans un creux et que seuls connaissent les randonneurs du GR7. Je l'avais découverte par hasard lors de ma première randonnée, il y a....longtemps. Presque 30 ans plus tard, j'y suis retourné les yeux fermés.

Et nous n'avons pas pu résister à se glisser lentement dans l'eau limpide et froide, à se laisser envahir par elle jusque dans les yeux.


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Une fois complètement immergé, coupé de la vue et des sons du monde extérieur, c'est une communion parfaite avec la nature.

Un peu plus haut, la route se termine. Il faut monter à pied à un col sur lequel j'avais bivouaqué autrefois, puis entamer une longue descente dans des gorges vertigineuses, mais sur un bon chemin caladé, caché du soleil sous les feuillus de toutes sortes. Babeth grognait et se demandait, puis me demandait ce que l'on était venus faire ici. D'autant plus que le soir, il faudrait remonter tout ce que l'on était en train de descendre !

Mais à quoi cela servait-il donc, de descendre pour remonter?


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Je l'encourageais en lui rétorquant que le hameau dans lequel je l'emmenais était un lieu paradisiaque. Et puis nous avons aperçu ses toitures, là en bas, cachées dans les châtaigniers.  Et puis, contrairement à ce que j'avais connu par le passé, il y avait maintenant une dame qui y tenait une buvette à laquelle nous pourrions nous désaltérer.

J'avais découvert ce hameau au début des années 80. A cette époque, seul un chemin y menait. Seul un homme y vivait. J'ai appris qu'il s'agissait du grand-père de la dame qui tient la buvette; il est mort 2 ans après que je l'ai aperçu derrière une fenêtre, alors que je croyais le hameau désert....Deux ans après sa mort, on a goudronné le chemin qui monte au paradis et la petite fille du vieil ermite est venue s'installer ici, loin de la civilisation.

Elle nous avoue qu'elle n'en repartirait pour rien au monde.


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Une ou deux limonades dans le gosier, un nouveau bain dans une vasque que forme le torrent en contrebas du hameau, une dernière caresse au chat,


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et nous voilà repartis pour la longue montée.


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Babeth, sans doute finalement conquise par la magie du lieux, a été courageuse. L'ascension a été bien supportée.

En repassant près de la vasque du matin (celle du GR7), il était difficile de ne pas y faire une nouvelle halte pour s'y rafraîchir de nouveau.

Le soir, sur la terrasse de la maison d'hôtes, nous avons diné fatigués, mais la tête pleine d'images,


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tout en regardant le magnifique coucher de soleil.


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Le lendemain, la journée devait en principe être plus paisible, par rapport à la longue rando de la veille. Nous avions prévu de faire une petite balade dans le cirque de Mourèze, tout proche, de 10h00 à midi environ. C'est un paysage désertique, de sable et de rochers.


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La montée au sommet du cirque est assez raide. La descente devait être une partie de plaisir...sauf qu'au lieu de revenir vers le point de départ dans le village de Mourèze, nous avons amorcé la descente de l'autre côté de la montagne, vers le lac du Salagou.


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et plus nous descendions, plus l'erreur d'orientation nous paraissait probable. Mais nous n'avons pas eu le courage de faire demi tour pour remonter la forte pente. Vers midi, nous nous sommes assis, découragés, la gourde vide, sur une pierre du village de Liausson.

Il fallait alors se rendre à l'évidence: la voiture n'était pas là. Il faudrait remonter un col, puis traverser à nouveau le cirque, avant de la retrouver. Après avoir rempli la gourde dans une fontaine pourtant indiquée comme "non potable", après s'être mutuellement motivés, nous sommes repartis, en mode "survie": pas d'effort inutile, recherche de l'ombre, hydratation, etc...

Et l'ascension du col s'est finalement passée sans grande douleur.

La traversée du cirque de Mourèze, par contre, lorsque le soleil est au zénith, c'est une autre histoire ! Pas un point d'ombre, impossible de s'arrêter: il fallait marcher et sans perdre la petite marque bleue peinte sur les rochers, de peur de s'égarer et de rallonger ainsi une balade déjà devenue très éprouvante.

Dès que nous avons rejoint la voiture, nous n'avions qu'une seule idée: nous rafraîchir dans le lac du Salagou.


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Le lendemain, mardi 1er juillet, notre petit périple héraultais prenait fin. Sur la route du retour, nous avons fait halte sur le plateau du Larzac, dans le célèbre village de la Couvertoirade, créé par les Templiers.


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avec ses pierres tombales qui rappellent étrangement les cimetières du Pays Basque...


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Puis c'est dans un tout autre décor que nous avons mangé vers midi: le Mac Do de Millau. Oui, ça nous arrive parfois...Voilà, les vacances sont terminées. Mais d'autres sont prévues en septembre, lorsque tout le monde reprendra le chemin du boulot.