Samedi 19 juin 2010, départ à 7h00 du matin pour le Sud-Ouest car nous étions attendus pour un barbecue. A Cahors sud, la sortie de l'autoroute n'était pas très bien indiquée, aussi nous avons fait le détour par Montauban. De la pluie une grande partie du trajet et le barbecue chez Sylvie n'a pas été moins arrosé. L'après-midi s'est déroulée sous la bâche, à jouer à la belote. Dimanche, le temps s'arrangeait un tout petit peu, ce qui m'a permis d'aller faire un tour de VTT dans la forêt. Lundi matin, en route pour Carcassonne où l'on fait un petit tour dans la cité, sans visiter le château.  Nous avons préféré aller manger un cassoulet dans l'un des nombreux restau de la vieille ville. C'est moins instructif, mais bon....quand on a faim, la culture passe au second plan.
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Nous quittons les murailles séculaires en début d'après-midi pour nous rendre sur la destination principale de ce périple: le village mystique de Rennes le Château. Malheureusement, le vent violent et froid qui soufflera jusqu'au lendemain soir gâche notre plaisir. Nous prenons tout de même le temps de faire une jolie photo de la tour Magdaléna, construite par l'abbé Bérenger Saunières, après qu'il ait trouvé son trésor caché là par les Wisigoths (?), par les Templiers (?)....mystère.
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La visite de l'église s'imposait. C'est sous l'autel que l'abbé aurait trouvé les indices qui lui ont permis de découvrir le trésor. Je m'étais documenté sur tous les signes cabalistiques que contenait cette église. Mais je n'ai finalement pas vu grand-chose sur place, en grande partie à cause de la pénombre qui règne dans cet endroit. Dommage, un peu décevant quand même. Après Rennes le Château, nous nous sommes arrêtés à la fontaine Ste Madeleine mais nous avons failli ne rien voir du petit filet d'eau qui coule du rocher. Sans intérêt. Un peu plus loin, nous espérions nous baigner ensemble dans la fontaine des Amours, ce qui apporte amours éternelles aux couples. Mais il fallait être vraiment courageux ce jour là pour oser plonger dans l'eau froide.... Tant pis !
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Nous arrivons à Sougraigne en fin d'après-midi. Il était difficile de trouver un village plus isolé. Mais charmant. Blotti au fond de la vallée de la Salz.

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Le soir avant le repas, nous prenons un chemin qui s'élève rapidement, derrière notre auberge. Tout à coup, derrière la montagne qui se dresse de l'autre côté de la vallée, apparaît le sommet du pic de Bugarach. Avec ses 1230 mètres, il domine les Corbières.
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Voici ce qu'en dit l'encyclopédie Wikipédia: "le pech de Bugarach est le site de légendes et de mystères variés, comme d'être un repère majeur pour les OVNIS, de recouvrir une immense cavité, d'abriter un trésor fabuleux, ou encore de concentrer des « ondes telluriques » favorables aux rites celtiques. Des stages « mystiques » ont lieu aux alentours, qui comportent comme rite majeur de passer une nuit au sommet."

Comment résister à la tentation d'escalader cette montagne si étrange? C'est ce que nous faisons le lendemain matin. La pente est raide dès le départ, mais ce qui nous attendait était bien pire encore. Bien avant le sommet, il faut grimper à quatre pattes dans la rocaille. Au dessus de notre tête, un rocher énorme, presque en équilibre et dont les fissures laissent penser qu'il se détachera un jour de son socle.

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Et le vent furieux qui soufflait là haut....la miss a abandonné au pied d'un mur, après avoir escaladé une cheminée. Moi j'ai voulu poursuivre, mais les dernières dizaines de mètres étaient trop exposées au vent pour pouvoir rester debout.  Après avoir pris rapidement quelques photos, je décidai de rebrousser chemin. Je n'ai pas pu vaincre le Bugarach. Je ne saurai jamais si un OVNI était ce jour là posé au sommet.

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Le lendemain matin, nous quittons définitivement l'auberge, après avoir félicité la cuisinière pour l'excellent repas qui nous a été servi chacun des deux soirs.

Au dessus de Sougraigne, nous aurions voulu voir la Fontaine Salée, où la Salz, cette rivière marron sale, prend sa source. Mais cette fontaine semblait assez loin de la route et les courbatures de la veille, la chaleur de ce premier véritable jour d'été même ici dans le sud, nous ont fait renoncer d'aller jusqu'au bout.

Le col de la Fage, Fourtou, Savignan, Auriac, le col de la Redoulade, Soulatgé...des paysages sauvages....Nous sommes arrivés à Peyrepertuse alors que le soleil atteignait son zénith. Nous avons escaladé l'escalier de St Louis avec nos "audioguides" accrochés au cou, comme tout bon touriste.

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Des Cathares, il ne reste que quelques pans de muraille. L'essentiel du château a été construit par les rois de France, après l'abdication des hérétiques, afin de garder la frontière espagnole. Peyrepertuse n'est pas Monségur. Par contre, la vue est extraordinaire de tous côtés: au pied du nid d'aigle, des vallées immenses, jonchées, ça et là, de toits ramassés en petits villages. Derrière un mont, on aperçoit Cucugnan et plus loin, un ombre pointue se détache de la montagne: c'est le château de Quéribus.

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Encore plus impressionnantes sont les gorges de Galamus. Si je passe à nouveau dans le secteur un jour, je me souviendrai qu'il vaut mieux laisser sa voiture à l'entrée du site et le parcourir à pied. Nous n'avons croisé aucune voiture sur la route trop étroite qui serpente au dessus du précipice. Un miracle ! L'idée d'avoir à manœuvrer pour rendre possible le croisement nous donne encore des frissons ! Un sentier traverse la roche dans un tunnel est descend à l'hermitage St Antoine. Une placette fraîche avec quelques tables sous un platane, un homme (prêtre?) qui vend des objets sacrés au milieu des Orangina  et Ice Tea et tout cela accroché à la falaise, au dessus du vide...Nous buvons un verre et visitons rapidement la grotte aménagée en chapelle.

De l'autre côté des gorges, c'est la plaine du Roussillon. St Paul de Fenouillet, Maury, Estagel, Millas, Thuir et nous voilà à Terrats où nous sommes attendus par la famille. Dès les bagages déchargés, un plouf dans la piscine avec vue sur le Canigou et la chaîne des Albères. Puis visite du pittoresque village médiéval de Castelnou.

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Le lendemain matin, nous partons tous ensemble faire une balade à Banyuls, dans l'anse de Paulilles, plus exactement.

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La mer est bleue, calme, l'air encore tiède, ça ressemble au paradis. Combien la vie doit-elle être différente ici, de celle que l'on connait dans les monts d'Auvergne, dans la plaine du Nord ou dans les bassins miniers de Lorraine....Pour  autant, aimerais-je vivre ici? Est-on forcément plus heureux dans le soleil du sud que sous la grisaille du nord? qu'est-ce qu'être heureux, finalement? ces interrogations viennent perturber quelque peu le plaisir de mon séjour ici. Je n'aurai sans doute jamais de réponse. Allez, un vin rosé frais, une daurade dans un petit restau de Port Vendre et voilà ces questions existentielles momentanément oubliées. Nous finissons l'excursion par une baignade à Argelès.

Le soir, à Terrats, lorsque le soleil décline là bas, vers le Canigou, l'air devient agréable. Nous dinons sur la terrasse. Les hirondelles, telles des avions en piquée, viennent becqueter les insectes qui flottent sur l'eau de la piscine....Un peu plus tard, c'est la lune qui vient se refléter dans l'eau. ça sera bientôt l'heure d'aller se reposer. Demain il fera chaud et nous avons décidé d'aller en Espagne.

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Une paella sur la Costa Brava...ça vous dit ? Ben tiens, qui refuserait ! C'est parti. Le Boulou, le Perthus....et nous voilà dans l'eau sur la plage de Rosas. La paella était réservée pour 14h00. Après le repas, le soleil (et le rosé) tapent fort. Alors avant de s'enfermer dans la fournaise de la voiture, nous dégustons un citron frais dans un bar espagnol. A la frontière, halte obligée dans les magasins détaxés de la Junquera. Les voitures prises trop longtemps dans l'embouteillage sont arrêtées sur le bord de la rue, capot ouvert, avec de la fumée qui sort du moteur. C'est pas bon !Jambon, cigarettes, lunettes....on trouve de tout ici. Pendant que les femmes font quelques magasins, nous on va boire un bière fraîche.

Après ce tumulte, nous savourons notre dernière soirée dans le Roussillon.

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Samedi 26 juin, notre périple s'achève. Il faut rentrer. Perpignan, Narbonne, Béziers par la nationale. On ne s'arrête pas. Il fait chaud, on est fatigués. Après Millau, dans les Causses, juste une petite halte pour manger le sandwich au jambon espagnol et une tomate.

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Nous arrivons en Auvergne vers 17h00, après 1348 km. Ici aussi le temps est chaud, mais la maison encore froide après ce long hiver. On supporte le chauffage dans la salle de bain et la couette sur le lit pour la nuit. Quel contraste !