Mercredi 10 septembre 2008, vers 8h30. Départ de l'Auvergne sous un ciel gris.

1er arrêt à l'auberge de Peyrebeille. On a bu un café à la boutique-souvenirs-station essence. Accueil plutôt froid. Babeth avait déjà visité l'auberge et n'avait pas envie d'y retourner. Donc, on poursuit la route. Mais ça me fait penser qu'il faut que je télécharge le film avec Fernandel.

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Après avoir passé le col de la Chavade, on quitte le bassin de la Loire pour basculer dans celui du Rhône. La route en lacets (serrés!) suit la rivière Ardèche qui prend sa source près du col.

On rêvait d'un bon fromage et saucisson. On les a trouvés à Aubenas.

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Le site est certes joli, mais la ville en elle-même ne semble pas très attrayante. Et puis la chaleur commençait à se faire sentir. Nous nous sommes donc vite échappés pour retrouver la solitude du côté de Barjac. C'est là que nous avons mangé le saucisson!

En roulant vers Bagnols, nous nous sommes arrêtés un peu par hasard dans un site admirable: de l'eau de tous les côtés, en vasques, en cascades....Mais des morts tous les ans aussi.

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C'est féerique.....comment ne pas se tremper?

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Ah, on s'est trempé aussi dans la piscine de notre hôtel de Pouzilhac. Nous n'étions que tous les deux dans l'eau. Super ! C'est vraiment bien, les vacances hors saison....

Le soir, direction Laudun par la petite route de St Victor la Coste. On avait rendez-vous avec nos amis. Avant d'arriver à Laudun, petit pique nique sympa. Puis balade nocturne sur le plateau de Cezar qui domine Laudun. ça grimpe et l'air était encore chaud, malgré la nuit. En bas, les projecteurs blancs de la centrale nucléaire de Marcoules, les lumières de la vallée du Rhône....l'Auvergne est maintenant loin.

On a papoté avec Muriel et Ludovic jusqu'à 23h00 à la terrasse d'un bistrot, puis au lit....pour une courte nuit car réveil à 6h30. (Ben ouais, je ne peux pas rester au lit plus longtemps). Il y en a une qui faisait un peu la tête, mais bon...

Petit dej à l'hôtel, on fait les sacs, puis direction le Pont du Gard à Remoulins.

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A part ce vieux couple qui s'inquiétait de ne pas savoir sortir du parking payant, je pense que l'on devait être les seuls Français: des cars entiers d'Allemands, de British....On se demandait où pouvaient bien être passés les Français. Deux solutions: soit ils sont au boulot, soit à l'étranger. Enfin, nous, on était là.

Remoulins, Avignon, St Rémy de Provence....C'est plat, ça circule beaucoup...vite, on se tire de là.

Nous sommes arrivés aux Baux de Provence par la route des écoliers, puisqu'on s'est trompé à St Rémy. Nous nous sommes contentés de la vue sur le site, depuis cette petite route des Alpilles d'où les peintres amateurs étaient en train de réaliser un de leurs chefs d'oeuvre.

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Parkings payants, escarpés et trop étroits pour mon camion....allez, zou....on se barre. Car en fait j'étais pressé de revoir ce petit coin de Provence que seul Daudet a su mettre en valeur de façon admirable.

En grimpant le petit chemin qui part du parking, on marche entre pins et roche calcaire blanc. Dans quelques instants, j'allais l'apercevoir et je me répétais à l'intérieur de moi, comme un prière, ce sublime couplet:

"...c'est de là que je vous écris, ma porte grande ouverte au bon soleil. Au loin, les Alpilles découpent leurs crêtes fines. Pas de bruit....A peine, de loin en loin, un courlis dans les lavandes, un grelot de mule sur la route....Tout ce beau paysage Provençal ne vit que par la lumière."

Et puis, en levant la tête, sous le soleil éclatant, il est apparu.

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Le moulin de Daudet. Avec son ami Frédéric Mistral, puis, plus tard, Giono et Pagnol....Les hommes qui ont su écrire la Provence telle que, malheureusement, elle n'existe plus.

Ce moulin est une illusion: on sait que l'écrivain ne l'a jamais habité ni même possédé. Mais peu importe: la Provence est immortalisée dans un livre.

Pour retrouver la réalité, il faut emprunter le petit chemin qui descend vers le château de Montauban, dans lequel Daudet le Parisien venait rendre visite à ses cousins, les Ambrois.

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Et c'est sur ce chemin que l'on découvre le vrai moulin, celui du meunier Tissot à qui Alphonse Daudet venait rendre régulièrement visite lors de ses vacances au château.

Beaucoup moins entretenu que le "moulin de Daudet" que tout le monde connait...Mais pas aussi charmant?


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Allez, on quitte la chaleur pour aller respirer l'air de la mer. Fontvieille, Arles où l'on se trompe de route. On était partis pour Marseille. Demi-tour donc et direction Aigues Mortes. L'hôtel se trouve à l'entrée de la ville, mais à environ 2 petits kilomètres des remparts de la cité. On pose les sacs, on enfile le maillot de bain et nous voilà sur la plage (presque déserte) de Port Camargue, au Grau du Roi.

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Faut dire que le soleil n'était pas de la partie. Mais ça ne fait rien, l'eau n'était pas froide et au moins, les autres baigneurs ne nous gênaient pas!

Après ce petit bain, une gaufre au Nutella dans les remparts de la cité d'Aigues Mortes. Des ruelles bondées de touristes, des échoppes tous les 3 mètres...bof.

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                 ça fait austère, en noir et blanc !

Ce jeudi soir, nous avons fait quelques courses à l'Intermarché et nous avons pique-niqué sur notre petite terrasse de l'hôtel, bien sûr entourés d'Allemands, de Belges, de Suisses...Et nos voisins de terrasse avec leur chien des Pyrénées "Babush" née en Bourgogne et maintenant de nationalité Suisse (et de langue allemande).

Sympa cet hôtel en forme de petits studios, tous de plein pied avec terrasse privative.

Ce vendredi matin, on traine à pied sur le port d'Aigues Mortes en attendant (en vain) que le train de 9h52 arrive et fasse pivoter le pont tournant. Le train n'est jamais passé, mais on a été abordés par un capitaine boiteux (peut-être un ancien pirate?) qui a su si bien nous vanter les mérites d'une croisière, que nous avons payé les 20 euros de billet.

10h30: tout le monde sur le pont, moussaillon. Toujours des British, mais cette fois, il y avait aussi des Ritals. 

Larguez les amarres et direction le port du Grau du Roi (sans les voiles, mais avec une affreuse odeur de diésel pendant 2 heures).

A votre gauche, la Tour de Constance.

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qui, pendant les guerres de religion, servait de prison pour les femmes. Ainsi Marie Durand, qui n'a pas voulu renier le protestantisme ni indiquer où se cachait son frère dans les Cévennes, y resta enfermée pendant 38 ans.

Toujours sur votre gauche, les salins du midi. (les boites de sel avec une baleine bleue comme logo, vous savez...). Ben c'est là!

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Arrêt non pas pipi, mais taureaux (enfin, vaches). On leur donne du pain, on apprend comment elles sont élevées.....c'est intéressant, la vie de vache camarguaise.

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     Le pont levant à l'entrée du port du Grau du Roi

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Après le Grau, nous remontons le Vidourle, pour reprendre ensuite le canal du Rhône à Sète.

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Le chien dormait déjà et nous, après un repas au restau (soupe de poisson et calamars pour moi, moules et lotte pour Babeth), nous sommes allés faire de même. Petite sieste à l'hôtel.

En fin d'après-midi, direction la plage de l'Espiguette (pratiquement déserte), pour un nouveau bain dans une eau de température agréable.

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La mer était assez forte, le drapeau rouge....mais quelle beauté !

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le soir, re pique nique sur notre terrasse, avec Babush la suisse bourguignonne qui sautait partout.

Samedi 13, nous quittons Aigues Mortes vers 9h00 avec l'intention de s'arrêter un peu dans le cœur de la Camargue. Mais aucun site ne nous a retenu. La petite route de St Gilles ne présente que peu d'intérêt: des roubines (canaux) bordés de roseaux, des pâturages....rien d'autre. La journée commençait mal. De ce fait, nous sommes arrivés à Nîmes beaucoup plus tôt que prévu (vers 10h30). Que faire jusqu'à l'heure de la manifestation à 15h00?

Déjà, il a fallu trouver une place pas trop "craignos" pour se garer. Pas facile. Ensuite, un endroit sympa pour ouvrir notre pique nique. Encore moins facile dans ce quartier du bas de la gare ! Nous avons trouvé une dalle en béton dans un terrain vague entouré de cités pour manger notre melon et notre camembert qui commençaient à avoir chaud.

La journée se poursuivait de pire en pire.

Nous avons trainé entre gare et arènes jusqu'à l'heure de la manifestation.


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Vers 14h30, tambours et sifflets arrivent. On achète pims, tee-shirt pour soutenir l'association Alliance Anti-Corrida et voilà le cortège qui démarre.


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Entre 800 et 1000 manifestants venus d'un peu partout....même de Belgique !


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Il a fallu quitter la manif au pied des arènes à 17h40. En effet, nous avions décidé d'annuler notre chambre d'hôtel réservée à Ste Cécile d'Andorge, dans les Cévennes, pour rentrer le soir même en Auvergne.

Direction Alès, Florac où nous avons fait comme le héron de La Fontaine: les restau ne nous convenaient pas car nous cherchions un aligot. Mais point d'aligot dans ce coin là de Lozère. Ou alors, nous n'avons pas eu de chance. Les heures passaient, la nuit tombait quand nous étions encore perdus dans les interminables lacets du col de Montmirat. Le dernier restau où nous nous sommes arrêtés (il était 21h00, peu avant de prendre l'autoroute), proposait bien de l'aligot, mais....ne servait déjà plus.

Alors il a fallu attendre 23h00 pour se faire chauffer un bol de chocolat au lait lors de notre retour au bercail. Nous avons retrouvé ici le froid, la pluie....après 945 km.